La valeur de la nature présente différentes dimensions allant du spirituel à l’économique. Alors que débutera bientôt l’Année internationale de la biodiversité, qui aura lieu en 2010, l’étude sur l’économie des écosystèmes et de la biodiversité (TEEB) indique que l’incapacité des marchés à prendre correctement en considération la valeur des services offerts par les écosystèmes pose non seulement un problème aux dirigeants politiques, mais entraîne également des répercussions directes sur les affaires et sur chacun d’entre nous, en tant que citoyens et consommateurs. L’étude insiste donc sur la nécessité d’opérer des changements.
L’étude TEEB a été lancée par l’Allemagne et la Commission européenne afin de répondre à une proposition des ministres de l’environnement du G8+5 (2007) visant à élaborer une étude mondiale sur les répercussions économiques de l’appauvrissement de la biodiversité. Cette étude indépendante, dirigée par Pavan Sukhdev, est organisée par le Programme des Nations unies pour l’environnement avec le soutien financier de la Commission européenne, de l’Allemagne et du Royaume-Uni, récemment rejoints par la Norvège, les Pays-Bas et la Suède. Pour plus d’informations sur l’étude TEEB, consulter www.teebweb.org.
En raison de l’absence de prix du marché fixés pour les services des écosystèmes et la biodiversité, les multiples bénéfices que nous retirons de ces biens (qui sont souvent publics par nature) restent souvent négligés ou sous-estimés dans le cadre des processus de prise de décisions. En comprenant et en saisissant la valeur des écosystèmes, nous pourrons prendre des décisions mieux informées et peut-être différentes; prendre en considération cette valeur peut nous permettre d’améliorer notre gestion; investir dans le capital naturel peut générer des rendements élevés ; enfin, partager les bénéfices de toutes ces actions peut se révéler particulièrement bénéfique pour les personnes les plus défavorisées de la société. En d’autres termes, il est nécessaire de rendre visibles aux yeux de la société les bienfaits de la biodiversité et des services des écosystèmes pour pouvoir ensuite adopter des réponses politiques plus efficaces.
Le panorama des journées nationales d’action organisées dans le cadre de la Journée mondiale de la biodiversité, le 22 mai 2010, constitue un point de départ pour présenter de manière très concrète certaines de ces valeurs. Au moment de choisir un écosystème à examiner durant la journée nationale d’action de votre pays, vous êtes encouragés à étudier une large gamme d’options. Parmi les bénéfices des écosystèmes qu’il convient de prendre en considération, citons l’approvisionnement en eau, la stabilisation du climat, la pollinisation au service de l’agriculture, le tourisme, la protection des côtes, la nutrition, l’approvisionnement en ressources génétiques, la séquestration du carbone, la purification des eaux, etc.